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Sunnites – chiites: au Yémen, la manip tourne à la confusion

Dans un éditorial récent, le New York Times décrit la violence au Yémen comme une guerre civile entre les deux grandes branches de l’Islam, le sunnisme et le chiisme. Sur la page voisine, le commentateur « maison », Thomas Friedman, conclut son analyse en soulignant la difficulté d’intervenir dans un conflit dont l’enjeu remonte au 7ème siècle : le désaccord entre sunnites et chiites sur le successeur légitime du Prophète Mohammed. Coincé entre ces deux lieux communs, se trouve un point de vue éclairé de l’historien Jesse Ferris. Il est notamment l’auteur d’un ouvrage sur l’intervention militaire du président égyptien Gamal Abdel Nasser de 1962 à 1967 … au Yémen. Ferris, dans son article, replace la tension actuelle dans le contexte de la rivalité politique entre les deux puissances régionales, l’Iran et l’Arabie Saoudite. Et met en garde contre les périls d’une intervention dans un pays dont l’histoire défie les plus subtils décryptages. Sans entrer dans le mérite des conclusions de Ferris, son "recadrage" est d'une grande utilité. Elle rend à l’histoire son droit de cité dans un débat sur les tourments du monde musulman, dominé par les clichés périlleux. Dans le cas spécifique du Yémen, attribuer à la rivalité entre sunnites et chiites l’actuel épisode de violence relève de la manipulation. Cette explication évacue l’extraordinaire complexité d’une période dans laquelle l’émergence … [Lire l'article...]

Anciens articles

Corruption: le vrai fléau (1)

Dans son livre « Thieves of State », un réquisitoire contre la corruption, Sarah Chayes suggère que le temps de l’émotion est révolu. Et que nous devons avoir des attentats du 11 septembre 2001, et du terrorisme en général, une vision politique et historique. « Plus de douze ans sont passés depuis le 11 septembre, écrit-elle dans un chapitre consacré à la violence extrémiste, et les évènements de cette journée entrent dorénavant dans le domaine de l’histoire ». Et elle ajoute : « soumettre ces faits, (...) à l’analyse critique dont des évènements du passé ont été l’objet ne déshonore, ni n’insulte, les victimes ». Depuis les attentats d’Al … [Lire la suite...]

Syrie: Ecran de fumée et la stratégie du gel

Donc, le Financial Times s’y est mis aussi. Dans une récente édition du week-end, le quotidien de la City a fait le portrait d’une femme combattante kurde, en première ligne dans la ville de Kobané. Le FT est en bonne compagnie : rares sont les publications et les télévisions, dans le monde, qui n’ont pas sacrifié à un sujet qui fascine les journalistes lorsqu’ils évoquent les combats aux abords de cette ville du nord de la Syrie, entre des miliciens kurdes et des combattants islamiques. Même l’Orient-le-Jour, le quotidien francophone libanais, a cédé à la mode, et le numéro que j’ai lu à l’aéroport de Beyrouth, il y a quelques temps, consacrait sa Une et une … [Lire la suite...]

La saison des faussaires (2)

La presse américaine a révélé récemment que des soldats américains avaient été exposés à des armes chimiques irakiennes durant l’occupation de l’Irak par les Etats-Unis. Dans un premier temps, ces informations ont fait état d’une douzaine de militaires impliqués, ensuite de plusieurs centaines. Ces informations étaient présentées comme des révélations, mais donnaient peu de détails sur les éventuels problèmes de santé que ces militaires ont pu développer. Les journalistes à l’origine de cette information, un « scoop » du New York Times, soulignaient surtout que le Département de la Défense (DOD) avait dissimulé la vérité pendant des années, et que … [Lire la suite...]